Vive le sommeil
FID Marseille 2026 | DERNIER ARRÊT POUR LE BILLET CIRCULAIRE - Jean-Claude Rousseau (2026)
Séance très curieuse en ce matin du 10 juillet.
Accablé par une aphonie handicapante, j'ai beaucoup dormi devant ce dernier arrêt. Aucune idée du nombre de minutes — ou d'heures — qu'a duré le film, aucune idée non plus du nombre d'heures — ou de minutes — que j'ai passées à dormir devant le billet circulaire. Parmi mes quelques réveils, j'ai vu le circulaire : le même ponton de bateau, le même cabanon, la même montagne, en fond. Quelque part, mon sommeil m'aura permis d'encore mieux capter les allers-retours que le film fait entre deux coupures au noir, ayant moi-même eu des va-et-vient entre mes paupières, mes propres fondus au noir, et cet écran de cinéma.
Je ne sais pas trop où je vais avec ce texte. Autant fermer les yeux et voir où ça me mène.
Je rouvre les yeux après avoir passé un moment à écouter de la musique. Juste en face de moi se trouve Jean-Claude Rousseau, chapeau sur les yeux et un livre sur les genoux, je regarde la couverture : c'est un recueil de poésie de Frank O'Hara. Je comprends rapidement qu'il s'est endormi.
Je le regarde pendant plusieurs minutes, puis il se réveille, me regarde, fait un hochement de tête, se lève et part. Aucune parole échangée, comme dans son film ; un petit moment de vie entrecoupé par un autre, comme dans son film ; et surtout un petit événement sacré qui vient de m'arriver, il faudrait en faire un film.
